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SANTE - AVRIL 1998

             
By Docteur Patrick VERET

 

Le genou est une grosse articulation qui permet la flexion et l’extension de la jambe. D’une façon schématique, le genou est maintenu latéralement par des ligaments latéraux, et les muscles. Le tendon rotulien et ses ailes fixent la rotule en avant. Deux points d’angles postérieurs : postero externe et postero interne renforcent l’articulation en arrière. Le mouvement est assuré par les différents groupes musculaires qui par leurs tensions et contractions assurent l’équilibre de l’articulation dans sa mobilité et contribuent à assurer la contention.

Dans l’articulation même deux ligaments croisés maintiennent les deux surfaces articulaires et le ligament ménisco fémoral postérieur. Les deux surfaces articulaires du fémur et du tibia sont séparés par deux ménisques l’un interne en forme de C l’autre en forme de O .

Ces deux ménisques assurent à l’articulation une souplesse dans son mouvement.

Le traumatisme du genou se retrouve dans toutes les pratiques sportives. Dans la pratique du tennis elle revêt une forme particulière différente de certains sports comme le ski, le football, le hand ball et le rugby, où l’on rencontre des lésions traumatiques plus fréquentes et plus importantes. La fréquence de ces accidents est souvent en rapport avec les efforts constants des sports de compétition.

Le diagnostique des différentes lésions possibles doit être porté rapidement de manière à envisager immédiatement la conduite à suivre pour une récupération fonctionnelle. Les investigations sont simples. Elles permettent de faire un diagnostic rapide. L’action envisagée est fonction de la lésion.

 

Différentes atteintes peuvent se rencontrer :

Une connaissance anatomique générale permet de comprendre tout de suite la complexité et la variété des pathologies qui peuvent toucher cette articulation. Cela peut aller d’une atteinte bénigne aux formes les plus compliquées avec déchirure ou rupture d’un ligament. Toutes les formes anatomiques peuvent se rencontrer. Une simple élongation avec parfois des micro-déchirures va exiger un repos avec anti-inflammatoire. Une entorse avec rupture totale ou partielle ligamentaire exigera une immobilisation totale. Une rupture des ligaments croisés, chez un sujet sportif de haut niveau est une indication formelle chirurgicales qui lui permettra de retrouver une intégralité articulaire.

 

Les atteintes ligamentaires : Les Entorses :

Une des atteintes les plus fréquentes est une élongation du ligaments latéral interne lié à un écart trop important souvent à l’occasion d ‘une rotation forcée du corps pour rattraper une balle. Le joueur ressent immédiatement une douleur très intense, puis succède un apaisement qui lui permet souvent de continuer le match.

La douleur peut alors réapparaître dans la soirée qui va amener le sportif à consulter . En général, il s’agit d’une entorse bénigne qui n’entraîne aucun épanchement du genou. L’examen clinique, les radiographie, l’échographie confirmeront l’intégralité de l’articulation . Le repos, les anti-inflammatoires viendront à bout de cet accident.

Dans d’autres cas, l’accident peut être plus brutal entraînant une lésion plus profonde et empêchant toute possibilité de continuer un match. La douleur est alors intense et constante avec l’apparition d’un épanchement réactionnel. L’immobilisation après radiographie sera la thérapeutique la plus souvent conseillée. S’il existe une lésion plus profonde telle qu’une rupture des ligaments croisés, il y a une indication chirurgicale majeure chez un sportif motivé qui permet de retrouver l’intégralité de l’articulation.

D’une contusion banale du genou à l’entorse grave, il y a toute une hiérarchisation qu’il est important de mettre en évidence par un examen clinique précis suivi d’examens complémentaires.

 

L’atteinte des ménisques :

La lésion des ménisque est assez fréquentes et quelquefois difficiles à diagnostiquer par la symptomatologie. Elle semble évidente lorsqu’il s’agit d’un blocage du genou qui se reproduit toujours dans une même position , quelquefois c’est une perte de la limitation articulaire, mais souvent la symptomatologie est fugace pouvant apparaître puis disparaître. C’est la répétition des symptômes avec

sensation de corps étrangers, impressions de craquements, de ressauts, de dérobement ou l’apparition d ‘épanchements à répétition qui fait évoquer le diagnostic. Seul un examen clinique précis suivi d’une radiographie et ensuite d’une arthrographie permettra d’en faire le diagnostic entraient la thérapeutique qui sera chirurgicale.

 

Les Tendinites :

Les pathologies les plus rencontrées sont des tendinites qui peuvent se situer sur différents secteurs musculaires. Celles-ci sont liées à des micro- traumatismes constants qui entrainent une inflammation tendineuse. La tendinite la plus fréquente est celle qui touche les muscles de la patte d’oie, c’est à dire de la partie interne du genou, qui peuvent entraîner des troubles fonctionnels empêchant au sportif toute pratique. Le diagnostic se pose tout simplement par une douleur provoquée à la palpation de l’extrémité supérieur du tibia en la différençiant des autres pathologies par un examen clinique. Dans tous les cas, ce sera le repos du sportif associé à de la cryothérapie, une contention adhésive, des massages profonds.

       

   
Circonstance d’apparition d’une pathologie

La modification de la pathologie du genou tient essentiellement au changement de surface de revêtement des sols nous dit le Docteur Bonneau spécialiste en médecine physique.

On est passé des surfaces dites lentes où les contraintes de glissements sur le sol étaient amorties par la structure de la terre battue à des surfaces rapides accélérant la vitesse de la balle où les forces de réaction du sol ne sont plus amorties par la surface. Du fait du blocage de la chaussure sur le sol, les sollicitations mécaniques sont majorées au niveau de la cheville et du genou.

A partir de là ce sont les tendons et les surfaces articulaires qui amortissent . les micro-traumatismes vibratoires ont effet de raisonnance au niveau des tendons d’où la fréquence des tendinites. Le manque d’interface "sol " où l’énergie se disperse, retentit directement sur les articulation qui assument le travail supplémentaire. Le cartilage se nourrissant par imbibition à partir d’un ultra filtrat du sang, toute déshydratation retentit sur l’articulation.

La chaussure a évolué pour amortir ces contraintes encore faut-il quelle soit bien adaptée et bien adoptée par le joueur.

C’est par ces contraintes importantes qu’un sport comme le tennis peut entraîner un vieillissement articulaire précoce.

Les tendinopathies ne sont que les témoins de la souffrance de l’articulation . Les terrains de tennis en terre battue surtout en sport de compétition , où l’effort est important doivent être privilégiés pour permettre un meilleur amortissement.

 

La rééducation :

Quelque soit la pathologie du genou, qu’il y est eu immobilisation ou acte chirurgicale, le repos va jouer un rôle capitale. Classiquement, on lutte contre l’inflammation avec des anti-inflammatoires et la cryothérapie. On utilise des antalgiques contre la douleur. La rééducation est fondamentale ; suivant le degré d’immobilisation ou le type d’intervention, la rééducation sera plus ou moins bien acceptée. Elle demande un effort constant pour retrouver un équilibre fonctionnel. Ainsi, après une intervention chirurgicale, il faut compter quelques semaines de rééducation pour une récupération totale.

 

Comment aider à une meilleure rééducation ?

Comment avoir une approche préventive ?

Ce sera l’objet de la suite de cet article sur le genou……

 

Docteur Patrick VERET