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SANTE - SEPTEMBRE 1998

 

Le mental joue un rôle important dans l’équilibre physique. Le physique retentit sur le psychique, le psychique retentit sur le physique. On peut s’étonner de voir tel ou tel joueur faire des contre-performances alors qu’apparemment il était en bonne forme. Et pourtant.... il avait l’impression de s’être bien préparé physiquement et mentalement.

L’entrainement physique est bien planifié. Il permet d’acquérir une technique et une tactique en fonction du jeu de la partie adverse. Un bon entraînement et la volonté aident à un bon apprentissage. Certains sont plus doués que d’autres. Ils ont une "capacité" initiale évidente. Celle- ci peut se révéler en fonction de l’entraînement et du "désir" de l’augmenter. Avec le temps et la "volonté", on peut modifier ses possibilités et devenir un véritable athlète.

Certains ont pensé qu’en plus de l’entraînement physique, il était nécessaire d’entraîner le mental à condition de respecter l’individualité et la personnalité. Une technique mentale imposée peut inhiber la personnalité d’un sportif. La technique peut être efficace, mais, suivant la manière dont elle est enseignée, elle risque de lui faire perdre ses propres repères. Au lieu de cela, il peut s’en inspirer, l’"adapter" et l’ "adopter" en fonction de lui-même en la maîtrisant complètement par son cortex cérébral. Il aura alors des repères qui seront les siens.

 

UN BON ÉQUILIBRE MENTAL

Un bon équilibre mental permet d’acquérir une maîtrise de tout son corps. Chaque organe, chaque muscle participe à cette action. Or, bien souvent, en fonction de la fatigue, ou du milieu, une perte de certains réflexes, des gestes inconsidérés, des paroles inconséquentes, ont échappé au contrôle cérébral. On peut alors entendre : " Je ne comprends pas pourquoi ... j’ai mal joué.... pourquoi j’ai pu faire cela...  "

   

A partir d’une action non contrôlée, un processus est mis en route, il s’inscrit en mémoire et pourra ressortir à un autre moment : il échappe complètement au système comportemental habituel du sportif.

 

RÉPRESSION D’UN COMPORTEMENT

Ce n’est pas par une répression ou par un blocage de certains comportements que l’on peut s’améliorer. Ils ressortiront toujours à plus ou moins longue échéance induisant alors des perturbations physiques qui vont s’installer petit à petit. Le seul moyen est de retrouver sa maîtrise corporelle en essayant de comprendre quelles sont les circonstances qui ont déclenché cette réaction.

 

PHYSIQUE ET PSYCHIQUE

Les perturbations psychologiques sont en rapport avec des modifications des circuits de communication de l’organisme entraînant des modifications moléculaires. Mettre en évidence certains déséquilibres musculaires latents permet d’avoir une idée sur les failles psychologiques qui peuvent survenir en fonction des stimulations de l’environnement. La transformation physique catabolique et anabolique est le résultat de tout le projet qui amène à l’action. C’est pourquoi chaque dysfonctionnement peut être une piste à suivre pour trouver les causes d’un manque d’organisation métabolique.

Des douleurs d’épaules, de coudes, de chevilles, de genoux, de hanches peuvent être révélatrices de la perte de maîtrise d’une fonction. Celle-ci peut être en rapport avec une déstabilisation de la personnalité.

   

 

L’ENTRAîNEMENT : UNE ADOPTION MUSCULAIRE

On ne peut dissocier l’entraînement physique de l’entraînement psychique. Un bon équilibre comportemental va se concrétiser par des performances constantes en toutes circonstances. L’entraînement passe par un enseignement et un apprentissage. Celui-ci va permettre d’acquérir des réflexes qui seront fiables, s’ils sont animés par le même mental. On peut ainsi voir des joueurs qui ont besoin de certaines références pour bien jouer. Un terrain, un mauvais public peut les déstabiliser immédiatement. Si l’apprentissage se fait en imitant un autre joueur ou un entraîneur, retrouver les mêmes références pour fonctionner avec les mêmes réflexes.

SOI-MÊME

Une maîtrise constante fait appel au même référentiel. Le seul fiable, c’est soi-même. L’apprentissage ne peut se faire que par rapport à soi-même. Chaque sportif doit avoir son expression par rapport à ses 5 sens. La peau en est le cinquième élément. Celle-ci par son empreinte digitale , objective, la différente fondamentale qui existe entre tous les hommes et toutes les femmes y compris les jumeaux. Chaque homme et chaque femme est unique dans sa manière d’être et de s’exprimer. Le sport et la compétition permet de mettre en évidence ces différences en se mesurant à l’autre.

 

AVOIR CONSCIENCE DE SON IDENTITÉ :

SON NOM

Avoir conscience de son identité revient à avoir une conscience de son nom. C’est lui qui sert à s’identifier, à se faire reconnaître, à s’annoncer sur le cours. C’est le moment d’oublier les diminutifs de toute sorte qui lie et ramène à un système comportemental de dépendance. Ces diminutifs sont autant de liens qu’il faut reconnaître pour retrouver sa liberté. Ils peuvent être uniquement la projection du regard des parents sur l’enfant, qu’il soit en rapport avec leurs peurs, leurs affects, leurs idéaux, ou leurs logiques. Ces diminutifs sont variés : ils peuvent aller de petits noms, à celui de légumes, (choux) ou d’animaux : lapin, canard, puce... Le berceau de l’enfance et l’éducation peuvent marquer l’inconscient au point d’influencer les réflexes et la manière de se comporter.

 

RETROUVER SA LIBERTÉ

Retrouver sa liberté par rapport à soi-même passe par la reconnaissance des autres : de ses parents, de ses frères et soeurs... de l’entraîneur, du partenaire ...dans leurs différences et dans leurs manières. C’est une règle fondamentale qui permet un enrichissement de chaque instant. Cette liberté passe par une coordination musculaire conduite par un cortex cérébral unique.

 

MOTIVATION POUR PRATIQUER UN SPORT PRÉALABLE :

Avant toute pratique de sport, le préalable est de décider pour soi-même, en fonction de son désir, et de vouloir le réaliser dans son goût. Ce préalable est essentiel, car il va déterminer une bonne conduction cérébrale de tous les mouvements. Ceux-ci vont engendrer des réflexes d’action par rapport à soi-même.

La Motivation est un élément important dans le sport. Se poser certaines questions, permet de comprendre sa motivation .

 

On ne peut pratiquer un sport pour ressembler à quelqu’un.

On ne peut pratiquer le sport que par un désir : ce désir amène à faire un choix. L’action permettra la concrétisation du projet qui s’inscrira en mémoire. Le mouvement par l’expression de son genre, homme ou femme, s’inscrira en mémoire, de manière à avoir une référence constante, immuable et unique.

 

UN APPRENTISSAGE POUR SOI-MÊME

L’ apprentissage pour soi-même se fait par des exercices physiques et par des mouvements qui, en fonction de l’animation de certains groupes musculaires, permettent d’exprimer ses 5 sens. Le travail mental est alors le résultat d’un travail sur la réalité

cellulaire de son corps. Il devient alors conscience de soi-même et de son corps. Plus l’athlète a conscience de son corps dans l’expression de ses 5 sens, plus sa présence est unique. Son regard sur lui-même permet alors de détecter ses failles et de les corriger. Il acquiert alors de plus en plus une maîtrise et une coordination musculaire que rien ne peut déstabiliser. L’expérience va lui permettre d’affiner à chaque match ses propres réflexes qui sont de plus en plus juste en fonction de la perception de ses 5 sens.

 

RETROUVER SES 5 SENS ET LES EXPRIMER

Les 5 sens permettent de trouver son espace et sa limite en toute circonstance. La vue l’aide à projeter son regard et à trouver ses repères. Son goût l’insère sur le terrain pour concrétiser une action. Son écoute lui donne de l’assurance en gardant sa stabilité. Son odorat l’aide à "se mettre à son parfum" c’est à dire d’affirmer sa personnalité masculine ou féminine, de jouer suivant son style, de rester organiser tout en exprimant son souffle. Le tout lui donne une expression totale de lui-même, c’est à dire "être bien dans sa peau".

 

PERCEPTION DE L’ENVIRONNEMENT

EXPRIMER SES 5 SENS

L’ état psychique est en rapport avec une réalité physique organique. Elle est liée directement à la perception de l’environnement et au retentissement sur son équilibre.

Retrouver par le sport, son goût, son écoute, son odorat, sa vision et ses limites, c’est à dire sa peau, permettent d’avoir un équilibre de tous les groupes musculaires. Le sens du goût et de la vision peuvent être pris comme exemple :

L’action et le mouvement ne sont que l’aboutissement de la projection du regard. Suivant la manière dont il est porté, il va retentir sur la rétine, donnant une vision juste ou erronée d’une situation. Cet aspect dans le tennis est fondamental, car c’est la projection du regard qui permet de diriger la balle. Le désir de placer la balle va engendrer l’action.

Ce regard est aussi celui que l’on peut porter sur soi-même et sur l’autre. C’est le désir de se réaliser, de se mesurer à l’autre, de se surpasser, d’être.

Si l’ÊTRE domine toujours l’AVOIR, le sportif ne pourra jamais s’identifier à une performance, à une victoire, à une défaite, mais chaque moment de la vie, chaque épreuve seront toujours vécu pour se rapprocher de plus en plus de son Être. Tout événement sera alors qu’une étape positive liée à la confrontation à l’autre qui l’aide à révéler en lui des forces cachées positives ou négatives qu’il faudra reconnaître.

Docteur Patrick VERET