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SANTE - OCTOBRE
1998
By Docteur Patrick
Veyret
DÉFINITION
La fatigue musculaire se définit
habituellement comme l'inaptitude à
maintenir une force musculaire. Elle correspond à une diminution
de la
capacité de fournir un travail dans un temps donné.
Elle est donc une
perte de puissance.
FORCE MÉCANIQUE
Cette force mécanique appliquée
résulte d'une transformation d'une énergie
chimique en une énergie mécanique.
Elle dépend de l' aptitude du muscle et des fibres qui
le constituent à
utiliser cette énergie métabolique. Certains muscles
peuvent enregistrer
une fatigue plus importante que d'autres démontrant ainsi
des mécanismes de
conduction différent. Cette fatigue est individuelle et
met en jeux de
nombreux facteurs.
ANATOMIE
L' approche anatomo-physiologique et
biochimique permet de comprendre les
mécanismes de la fatigue, mais, ne donne pas toutes les
solutions.
Au niveau du muscle on distingue différents
types de fibres musculaires :
Des fibres rapides de type 2 : Celles-ci
répondent à un stimuli unique et
développent une force de grande amplitude. (En fait ce
groupe se divise
en deux : fibres rapides plus résistantes et des fibres
glycolitiques
fatigables).
Des fibres lentes toniques de type
1 : Elles développent une force de plus
faible amplitude et lentement. Ces fibres sont plus résistantes
à une
stimulation prolongée.
l'Actine et la Myosine: Deux molécules
fondamentales de la cellule
permettent la contraction musculaire.Elles se lient entre elles
en créant
des ponts entre l'une et l'autre.
La puissance musculaire dépend du nombre de liaisons entre
ces deux
molécules d' Actine et de Myosine.
L'actine est un élément stable alors que la myosine
revêt des formes
différentes selon le type de fibres musculaires.
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DEUX TYPES D'EFFORT
: ENDURANCE OU IMMÉDIAT |
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On peut distinguer deux types d'effort musculaire
: ceux en rapport avec l'endurance ou d'autres avec une intensité
plus forte, mais de courte durée.
L'endurance met en jeu une grande consommation
d'énergie, liée à un effort modéré
mais de longue durée. La fatigue est principalement due
à une perte des stocks musculaires en glycogène.
A cela s'ajoute, la déshydratation, l'hyperthermie et l'hypoglycémie.
Dans l'effort bref et intense. La fatigue,
dans ce cas précis est liée à une inaptitude
à la libération du calcium à partir du réticulum
sarcoplasmique. Cette perte d'échange est liée à
un trouble de conduction qui modifie le rapport du calcium intra
et extra-cellulaire. Ces perturbations retentissent sur le Ph
qui va modifier la contractibilité musculaire.(affinité
troponine/calcium et les ponts actine myosine).
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On peut se poser la question de savoir
si la fatigue est liée directement à des pertes
de contact "actine -myosine" du fait de troubles de
la fonction calcique intra cellulaire, ou si en fait il s'agit
avant tout d'une perte de réserve de la créatine-phosphate).
L'ATP nécessaire aux échanges électriques
malgré tous les efforts musculaires ne diminuent pas d'une
façon importante et reste une constante métabolique. |
LA FATIGUE PROTEGE
LA CELLULE
De nombreuses observations ont pu montrer
des modifications de la
structure histologique de la cellule musculaire après un
effort . A
partir d'un certain seuil de fatigue, il y a altération
physique de la
cellule. La fatigue protège la cellule. Dans le sang après
un effort, on
peut mesurer une quantité importante d'enzyme musculaire
(CPK) liée à une
dégradation de la cellule. Cette augmentation est physiologique.
Une
récupération sera cependant nécessaire.
L'ENTRAINEMENT DIMINUE
LA FATIGUE
L'entrainement en endurance diminue
la fatigue. Des expériences faites
avec le rat en le faisant courir sur un tapis réduit la
fatigue
musculaire. Celle-ci est objectivée par le rapport phosphate
inorganique/
phosphocreatine qui diminue après entraînement.
PHYSIOLOGIE DE LA
FATIGUE
La physiologie de la fatigue musculaire
chez l'athlète n'est pas
totalement connue.La recherche d'une compréhension des
mécanismes
intimes de l'épuisement est essentiel pour optimiser un
entraînement.
La fatigue est le résultat de
différents mécanismes : les uns sont
centraux : recrutement des moto-neurones, les autres périphériques,
au
niveau de la plaque motrice(jonction nerf-muscle) et des couplages
contractiles des myofibrilles.
C'est pourquoi l'évaluation
de l'aptitude individuelle des sportifs de
compétition demande d'intégrer toutes les valeurs
qui peuvent retentir
sur la fonction musculaire , plus que sur la force proprement
dite.
NIVEAU BIO-CHIMIQUE
L'accroisement de la fatigue musculaire
touche l'équilibre métabolique
musculaire avec accumulation de lactate et d'amonium qui bloquent
les
systèmes producteurs d'énergie et d' élimination
des déchets.
Lorsque la fatigue intervient, de nombreux mécanismes se
mettent en route :
Production Ions Acides
L'acide lactique produit des ions H+
qui retentissent à différents niveaux
en limitant la pompe Na+/ K+ en réduisant les probabilités
d'ouverture des
canaux calciques, en diminuant le nombre de ponts actine myosine
et les
forces qui les lient. Il en résulte une diminution de la
force
musculaire.
Productions Ions Basiques Amonium
dans un deuxième temps, il y a production d'amonium
L'amonium est le témoin de la souffrance cellulaire traduisant
une
difficulté de maintenir l'A.T.P. Il bloque alors le cycle
de krebs et
favorise la relance de l'acidose lactique
L'ion amonium retentit à différents niveaux
- provoque une hyperventilation
-intervient sur les synapses (échange neuronal) en perturbant
les
astrocytes dans leur fonction de "nettoyer" les synapses
du glumatate;
-aggrave l'acidose par transformation de l'amonium en urée
dans le foie.
Ce métabolisme exige une participation des bicarbonates
avec
participation des reins dans l'élimination.
La fatigue sollicite alors Foie et Rein d'une façon importante
. |
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Toute action qui aide à diminuer
l'acidité, donc, à augmenter le pouvoir
tampon du sang aide à retarder l'apparition de la fatigue
musculaire .
OBJECTIVATION DE
LA FATIGUE MUSCULAIRE
Par électromyographie, on peut
enregistrer la contraction musculaire àdivers stimuli.
une hyperexcitabilité neuro-musculaire permet de faire
un diagnostic de spasmophilie.
On peut ainsi mettre en évidence la fatigabilité
d'un muscle à unestimulation répétitive.
La spectrométrie de résonance
nucléaire au phosphore31 est une nouvelle
méthode non invasive qui permet d'évaluer les traitements
destinés à
diminuer la fatigue musculaire. Elle a permis de mettre en évidence
la
réserve de phosphocreatine qui correspond à la réserve
d'énergie
immédiatement disponible.
Les examens de laboratoires permettent
un dosage dans le sang des
différents métabolites : On peut suivre la fatigue
musculaire sur les test
sanguin en mesurant le Ph, l'acide lactique et les ions amonium
en
particulier. Les tests biolologiques classiques permettent d'avoir
un bon
suivi.
CAUSE DE FATIGUE
DU SPORTIF
Déséquilibre psychique.Incoordination
motrice
Un bon équilibre cérébral permet d'avoir
de bons repères dans l'espace.
Ces repères permettent une bonne coordination motrice de
tous les muscles.
On a pu mettre en évidence cette relation, avec des machines
qui permettent
de tester la force musculaire chez l'athlète. Une mauvaise
coordination
motrice fait baisser la force musculaire de l'ordre de 20 à
30 % montrant
une difficulté de conduction musculaire.
Il est donc important de remettre en place la coordination cérébrale.
Surmenage et surentrainement
L'entrainement intensif à outrance sans mesure, en essayant
d'anesthésier
la fatigue par différents moyens peut retentir sur l'équilibre
musculaire
et métabolique d'une façon importante entraînant
à long terme des
déséquilibres métaboliques.
Déséquilibre alimentaire
DIS MOI CE QUE TU MANGES...
DIS MOI COMMENT TU MANGES
L'alimentation retentit sur l'équilibre
acido-basique de tout l'organisme. Il y a lieu d'équilibrer
son alimentation. Certaines carences se retrouvent fréquemment
chez le sportif : fer, calcium, phosphore, vitamine B9,Les bilans
biologiques permettent de mettre en évidence certaines
diminutions de valeurs. Cela ne signifie pas forcément
qu'il faut en apporter, car il peut y avoir des déviations
métaboliques qui entraînent des carences. (voir travaux
de Kervran) .
Il est fondamental de retrouver des
valeurs normales. Une carence en fer n'entraine pas un apport
massif en fer. L'abus en fer peut porter atteinte à la
santé de l'athlète. Aucune suplémentation
n'est anodine. L'apport du fer retentit par exemple sur le zinc,
le cuivre ou le manganèse...
On retrouve fréquemment des
troubles lipidiques, des variations de la glycémie, l'hyperuricémie,
hyperazotémie. Dans les efforts intenses, on crée
des états d'acidose et la production de radicaux libres.
Dans la dégradation protéique
liée à l'effort musculaire, l'alimentation doit
s'efforcer d'apporter les éléments nécessaire
à une nouvelle synthèse protéique. On retrouve
dans le sang des protéines issues de la myosine et la toponine.
Au delà de l'apport alimentaire
qualitatif et quantitatif, il y a la manière dont sont
réabsorbés les aliments. Il existe une compétition
entre différentes substances qui font que la présence
de l'un retentit sur l'autre. Il y a également, la manière
de manger qui peut retentir sur
l'assimilation. Suivant le comportement
alimentaire de chacun, il peut y avoir des voies métaboliques
qui se trouvent activées ou diminuées . Il y a donc
un élément fondamental qui est ce que l'on mange.
Il y a un deuxième élément aussi important
qui est la manière de s'alimenter.
Celle-ci retentit d'une façon
non négligeable sur l'équilibre lipides protides
glucides et les phénomènes d'oxydo-reduction.
Dopage
Anabolisants .Hormones de Croissance
Il est inutile de rappeler les effets des E.P.O. et autres hormones
. Il
est temps qu'une prise de conscience se fasse au niveau des sportifs.
Aujourd'hui tout le monde en connaît les effets eutrophiques,
mais, au
détriment de la santé. Il y a bien longtemps que
l'on a interdit les
hormones dans l'élevage du bétail. Petit à
petit on assiste à une
destruction de la réalité humaine. L'homme ou la
femme n'est plus qu'une
machine musculaire piquée aux hormones. On s'est éloigné
de l'éthique du
sport qui permet, en se mesurant à l'autre, de se reconnaître,
de
reconnaître l'autre, de grandir et de surpasser.
HYPERKINESIE
Les excès de stimulations musculaires
électriques dissocient la commande
cérébrale du coté musculaire proprement dit.
Le "muscle à tout prix"
retentit souvent sur l'équilibre cérébral
qui perd la maîtrise des
muscles. Il y a augmentation de la force, mais au dépend
de l'élasticité,
la tonicité et la pulsion. La plupart du temps, il y a
une perte de la
coordination motrice.
SUIVI DU SPORTIF
On peut suivre la fatigue musculaire
sur les test sanguin en mesurant le
Ph, l'acide lactique et les ions amonium. Les enzymes musculaires
(CPK)
sont toujours élevés après un effort sans
être pour autant pathologique.
Ce n'est donc pas un témoin fiable . Certains éléments
comme la
myoglobine, dont on peut retrouver des fragments dans le sang
sont les
premiers signes de lésions au niveau musculaire.
Les seuls éléments valables de la fatigue musculaire
sont le ph et
l'amoniemie.
Un examen biologique permet de suivre les composantes du sang
et d'adapter
un régime alimentaire en fonction des résultats.
INDIVIDUALITE DE
CHAQUE SPORTIF
Cependant l'homme ou la femme ne sont
pas des machines. Le vécu du sportif
va permettre une objectivation plus précise de ses problèmes
car, il peut
s'exprimer !!! Il peut ainsi exprimer qu'il présente une
fragilité
musculaire particulière, qu'une articulation est plus sensible
qu'une
autre. L'interrogatoire permet aussi d'objectiver les circonstances
de
déclenchement d'une fatigue. Ces réponses fondamentales
permettent alors,
de pouvoir envisager une action nutritionnelle spécifique.
Chaque groupe
musculaire et chaque articulation sont en rapport avec des fonctions
précises. La répétition de mêmes troubles
permet d'avoir un diagnostic
précis sur un dysfonctionnement d'une fonction. Une nutrition
de la
fonction permet de résoudre un problème et de remettre
en place une
rééducation fonctionnelle.
Au delà de tous ces tests, n'oublions
pas qu'il y a l'homme et la femme. Le
sport ne peut exister que dans le désir de se réaliser
de se surpasser et
non pas d'avoir une récompense quelle quel soit. La récompense
est la
reconnaissance de son existence d'avoir surpasser son être
et d'avoir
grandi un peu plus en tant qu'homme ou en tant que femme. La médecine
moderne aidée de la physiologie doit retrouver au delà
de tous les
métabolismes les interférences qui existent entre
le coté métabolique et le
cortex cérébral. Chaque manifestation physique est
la preuve d'un
dysfonctionnement. A nous médecins, d'ouvrir les yeux et
d'écouter le
sportif qui s'exprime dans son corps. Cette écoute débouche
sur une
compréhension d'un dysfonctionnement organique en rapport
avec des
courants métaboliques déviés de leur équilibre.
Il suffit alors de les
nourrir d'une façon spécifique pour retrouver un
meilleur potentiel. On
aura alors le plaisir de voir des hommes et des femmes accéder
au meilleur
d'eux-mêmes simplement en les aidant à trouver en
eux les réserves
auxquelles ils n'avaient pas encore fait appel.
Ces réserves sont avant tout l'expression des 5 sens qui
s'expriment à
travers tous les muscles et à travers tout le métabolisme
cellulaire.
N'oublions pas que chaque homme et chaque femme est unique et
que l'on ne
peut les considérer comme une machine. Chaque homme et
chaque femme a une
identité. leur empreinte digitale est le reflet de leur
unicité. On ne le
répétera jamais assez.
les mécanismes oxydatifs sont
vite dépassés , la glycolyse suit alors la
voie anaérobie. Elle est responsable de la production d'acide
lactique et
ions H+ qui s'accumule au niveau de la cellule musculaire. L'acidose
altère l'activité des enzymes de la glycolyse s'opposant
alors à la
production d'énergie.
Intervient alors un autre mécanisme : la voie de l'adénylate
kinase
permettant de produire de l'ATP à partir de 2 ADP. Cette
voie entraîne
la production d'amoniums qui se combinent aux ions hydrogène
et donnent
de l'amoniac.
A partir d'une certaine concentration d'amonium , on stimule la
glycolyse
en bloquant le cycle de krebs et la neoglycogènèse
, d'où retour à la voie
anaérobie productrice de lactate et d'amonium. C'est l'impasse
métabolique.
La tradition chinoise sur le Yin et
le Yang trouve sa réalité concrète au
niveau de l'équilibre membranaire de la double couche lipidique
et
protidique de la cellule.Cet équilibre fondamental se manifeste
également
entre le pôle cérébral qui conduit le pôle
métabolique. Elle s'exprime
également au niveau embryonnaire où les deux feuillets
initiaux
ectoblaste endoblaste induise le troisième mesoblastique
définissant ainsi
les 3 feuillets embryonnaires dont toute l'organisme est issue.
Cet équilibre Pôle cérébral - pôle
métabolique, lipidique-protidique est
fondamental. Lorsque le cerveau conduit l'équilibre organique,
on est dans
un équilibre Yin Yang. Les cellules sont dans ce même
équilibre permettant
une harmonie du pôle cérébral et du pôle
métabolique à travers les 5 sens.
Les deux polarités métaboliques Yin Yang permettent
l'équilibre
membranaire de chaque cellule, sa respiration, son mouvement.
Lorsque ces inductions métaboliques
lipidiques protidiques Yang Yin sont
en total équilibre , il s'ensuit un équilibre physique
et psychique.
Ce respect métabolique de cette dualité et dette
polarité membranaire Yin
Yang permet aux organes et aux circuits de communications ( méridiens)
de
retrouver une harmonie qui régit l'individu. A ce stade
d'équilibre, il
n'y a ni douleurs, ni maladie.
DÉSÉQUILIBRE
YIN-YANG
Lorsque le cerveau n'est plus en équilibre
Yin Yang, il se trouve alors
influencé par des organes qui en perturbe le fonctionnement.
Ce
déséquilibre est lié au stress, aux agressions
physiques ou morale qui
interfèrent directement sur la manière de s'adapter
à une situation. En
fonction de quoi, il s'ensuit un déséquilibre comportemental
qui peut se
manifester par des anxiétés, un mal vivre qui a
un moment où un autre
peut se manifester physiquement. ( voir travaux de sur la cellule).
En s'intéressant de plus prêt
à la cellule, on s'aperçoit que dès qu'il
y a
stress, il y a une perturbation des échanges membranaires
et de
l'équilibre ionique dans l'organisme.
A bientôt ! ! ! !