[ Retour Menu ] SANTE - DECEMBRE 1999 LES CRAMPES MUSCULAIRES DANS LA PRATIQUE DU TENNIS.
Lactivité physique met en jeu les muscles dunefaçon plus ou moins importante en fonction du travailqui leur est demandé. La pratique du sport encompétition exige une connaissance de la physiologiemusculaire pour permettre une meilleure adaptabilitésur le terrain. On ne peut isoler la fonction musculaire de toutes les autres fonctions vitales delorganisme qui participent à la mise en jeu métabolique des forces qui vont retentir sur ladynamique musculaire. Les crampes lorsquelles surviennent sont un symptôme qui permet dalerter quil existe une dysfonction métabolique. Il y a donc lieu dexaminer les différents paramètres qui permettent sa manifestation. Bien souvent, on invoque une perturbation des échanges musculaires en rapport ou non avec un déficit de certains éléments comme le calcium, le magnésium... En fait le problème est beaucoup plus complexe : il dépend de différents facteurs qui retentissent sur la fonction musculaire : lentraînement, léquilibre nutritionnel, les conditions extérieures et les facteurs psychologiques.
FONCTIONNEMENT MUSCULAIRE
Les muscles pour fonctionner exigent une commande cérébrale bien établie en fonction des demandes de lorganisme et des données environnementales qui sont véhiculées par les 5 sens. Tout lorganisme participe à laction musculaire en favorisant la synthèse, le transport et le métabolisme des différents nutriments nécessaires à la fonction musculaire. On a donc ainsi un pôle cérébral de commande et un pôle métabolique où les fonctions cardiaques, pulmonaires, digestives et rénales contribuent à léquilibre général de la fonction musculaire. Entre ces deux pôles se véhiculent des informations liées à la conduction du système nerveux central et à la fonction neuro-endocrinienne.
UNE ADAPTATION PERMANENTE
Les sollicitations répétées de lorganisme aboutissent à la mise en route de réactions qui favorisent ladaptation à une situation. Elles concernent les fonctions physiologiques, résultant des adaptations métaboliques et fonctionnelles.
LES ARTICULATIONSLes articulations permettent le mouvement. Certaines sont relativement peu mobiles comme les sutures des os du crâne. Dautres présentent des amplitudes et des mouvements différents en fonction de la forme de larticulation : en rotule, comme la hanche et lépaule, en pivot, comme la cheville et le coude et éventuellement le genou , en tenon, comme larticulation radius cubitus et enfin par glissement comme celles de la colonne vertébrale.
LE MOUVEMENT EST LIE AUX MUSCLES
Les mouvements des membres sont liés à la contraction des muscles insérés sur les os. Les muscles lorsquils ne font que résister à une force, nengendrent pas de raccourcissement musculaire : la contraction est dite isométrique. Si au contraire il y a mouvement , la contraction entraîne un déplacement, elle est anisométrique et concentrique. La précision du mouvement est lié à la position de linsertion des muscles par rapport à larticulation. Les tensions musculaires engendrent différents leviers. Cest ainsi que léquilibre postural entraîne un équilibre des tensions musculaires de part et dautre de la colonne vertébrale du bassin et du tronc. Celle-ci est conditionnée par léquilibre des forces régies par deux fonctions dorganes le Rein et la Vessie qui retentissent sur loreille interne et le cervelet. Une déstabilisation psychique (peur, manque dassurance aura une répercussion sur la tension des muscles de la colonne vertébrale, mais également sur la cheville et sur le mollet dans les actions dextensions. Sil sagit de contraction du quadriceps, le déséquilibre sera plus métabolique en rapport avec une action forcée.
Dans la biomécanique musculaire on distingue 4 phases : 1) une phase de repos; 2) une d étirement, par les composantes élastiques du muscle ( la longueur du muscle augmente) 3) une de contraction : le muscle se raccourcit, mais les tendons sont étirés( la longueur du muscle na pas variée) 4)une de raccourcissement du muscle et des tendons
LA FORCE MUSCULAIRE
Un muscle inséré sur le squelette est normalement toujours légèrement étiré. Il est constitué de fibres musculaires qui ont des propriétés mécaniques différentes. On distingue ainsi des fibres de type 1 : ceux sont des fibres à contraction lente comme le muscle solaire du mollet et dautres à contraction rapide de type 2 comme les muscles des doigts ou des yeux.
ENERGIE NECESSAIRE A LA CONTRACTIONToutes les voies métaboliques ont pour but dapporter lénergie nécessaire au muscle sous forme dATP (Adénosine tri phosphate). On peut dire que cette molécule est le carburant indispensable pour permettre la contraction musculaire. Dans le milieu cellulaire , lATP se trouve combinée au magnésium sous forme dun complexe Magnesium-ATP. La concentration dénergie sous forme dATP reste constante dans lorganisme .Il n y a pas de constitution de réserve dATP. (la quantité dATP dans lorganisme est de quelques grammes).Par contre, lors de leffort, lATP est très rapidement fabriqué à partir de différentes voies métaboliques, si bien quil n y a jamais de diminution du taux dATP même lors dune contraction importante.
RESERVE dENERGIE
Le Muscle : une réserve de Glycogène et dacides gras prêt à fournir lénergie:
Le glucose est mis en réserve dans la cellule musculaire sous forme glycogène à raison de 15 grammes par kilos de muscle. En période de repos linsuline favorise la pénétration du glucose dans le muscle et la synthèse du glycogène. A linverse, lors dune stimulation musculaire, les catécholamines vont permettre la dégradation du glycogène en glucose qui va être utilisé pour former les ATP.
Les réserves dacides gras sous forme de triglycérides sont en quantité proches de celles des glucides. Ils viennent de la transformation (hydrolyse) des cellules adipeuses en acides gras Outres ces réserves métabolites, le muscle contient une réserve doxygène grâce à la myoglobine. Certaines espèces présentent des muscles sont plus riches en myoglobines et permet à ces animaux des plongées de plus dune heure).
DIFFERENTES VOIES METABOLIQUES
Plusieurs voies métaboliques permettent la formation de l ATP indispensable à la contraction musculaire, soit en présence doxygène, (voie aérobie) soit sans apport doxygène (voie anaérobie). Un phénomène oxydatif permet de fournir lATP à partir du glucose et des acides gras. Une voie sans oxygène peut produire des ATP à partir du glucose, mais dans certains cas peut engendrer la production dacide lactique. Il est important de connaître ces différents métabolismes pour privilégier la voie la plus adaptée à leffort musculaire. Lentraînement en connaissance de cause, permettra une meilleure adaptabilité sur le terrain et un meilleur rendement
On distingue ainsi une voie anaérobie ( sans oxygène).
1-ACTION ANAEROBIE STARTER
Lors de la mise en route du mouvement la filière anaérobie alactique est mise en route.Cest une voie métabolique qui ne produit pas dacide lactique . Elle rentre immédiatement en action avec un rendement de 68%. Cependant les réserves de phosphocréatine quelle utilise sépuise rapidement en 20 à30secondes pour un effort modéré, en 6 à 7 secondes pour un effort de forte puissance. La réserve de phosphocréatine se régénérera progressivement, soit pendant lexercice sil nest pas intense ou après lexercice.
(Il existe une autre voie de régénération alactique de lATP ( elle ninterviendrait que dans des cas de déficit important en ATP) qui utilise la myokinase avec un meilleur rendement.)
2- ACTION ANAEROBIE AU LACTATE : VOIE DEXCEPTION
Cette source dATP se fait à partir dune molécule de glucose qui se scinde en deux et produit de lacide lactique.Le rendement est très faible puisquune molécule de glucose ne permet que la formation de 2 ATP , alors que la voie aérobie du cycle de Krebs à un rendement de 39 ATP pour une même molécule de glucose. Cette voie natteint sa pleine activité quaprès 30 secondes . Malgré son faible rendement en ATP, elle peut correspondre à 50% de la puissance que peut développer un sujet. Ce processus anaérobie lactique peut se maintenir de 2 à 3 minutes pour une intensité faible et à pleine puissance pendant 30 à 50 secondes. La durée daction de cette voie est limitée par laccumulation dacide lactique qui perturbe l équilibre des cellules musculaires. Le temps délimination des lactates peut être de plusieurs heures. Ce processus anaérobie revêt un caractère dexception et sont particulier à la fibre musculaire qui fonctionne dans des efforts intenses et violents.
3-ACTION AEROBIE (NORMAL)
Cest le processus normal de la synthèse dATP qui correspond à la filière oxydative des différents métabolites : glucose, acides gras, corps cétoniques. Ces différents métabolites sont apportés au muscle et stockés sous différentes formes. La voie aérobie est la plus rentable puisqu une molécule de glucose fournit 39 ATP . Le sang se charge en oxygène et peut fixer jusquà 200ml doxygène par litre de sang avant dêtre pris en charge par la myoglobine. Le rendement énergétique par atome de carbone est de 8 moles dATP pour un acide gras et de 6 moles pour le glucose.
CONCLUSION
Lapprovisionnent en Oxygène conditionne le métabolisme. Une insuffisance doxygène entraîne vers une dégradation avec production dacide lactique. Le choix entre lutilisation de lipides ou de glucides dans la production de lénergie dépend de la puissance maximale aérobie de lindividu. Lors dun exercice prolongé, laptitude à utiliser les acides gras est un avantage car les stocks dans lorganisme sont très importants. Au repos, lipides et glucides apportent une quantité dénergie équivalente.
Lorsque leffort se prolonge la part de mobilisation des lipides augmente. Lors dun effort modéré et soutenu pendant 4 à 6 heures, la production des ATP est fourni dans une proportion de 60 à 70 % par les lipides. Si leffort devient plus important mais ne dépasse pas 75% de la puissance maximale aérobie , la part pris par les glucides augmente rapidement avec comme facteur limitant la libération du glucose par le foie (doù le risque dhypoglycémie). Si leffort passe au dessus de cette limite (75 à 80%), le facteur limitant est lutilisation des réserves de glycogène. Lors deffort violent, lapport doxygène se trouve limité, la voie anaérobie se met en route avec production dacide lactique qui inhibe la mobilisation des acides gras. On observe alors une augmentation du taux de lactate dans le sang artériel. De ce fait , on assiste à un abaissement du pH avec les conséquences que lon connaît au niveau musculaire avec lapparition des crampes et une modification ventilatoire.
PREVENTION
On comprend dès lors que si on ingère 100grammes de glucose immédiatement avant un exercice, on privilégie le métabolisme des glucides et on diminue lutilisation des lipides. Le volume du muscle intervient sur la saturation en lactate qui entraîne un épuisement. Des muscles volumineux comme le grand pectoral , le triceps brachial ou le quadriceps sont capables de supporter des efforts dintensité et de durée importante.ECONOMISER SES EFFORTS
La possibilité de faire des exercices avec des phases de latence permet de rester avec un taux de lactate bas. Il est donc recommander de ne pas faire defforts inutiles et de profiter des temps de calme pour récupérer.PHENOMENE DANTICIPATION
Le phénomène danticipation permet de projeter son effort et donc davoir une augmentation du rythme respiratoire ainsi que du débit doxygène lié à la combinaison Coeur-Poumon. On a alors une consommation doxygène très rapide et une production dacide lactique retardée. Ce phénomène danticipation est fondamental. Il est dautant plus efficace que le joueur se trouve bien inséré sur le terrain et quil retrouve un rapport exact de son espace. La projection de son regard est donc un élément essentiel. A lentraînement, il est possible daméliorer ce phénomène danticipation. Léchauffement est aussi un élément nécessaire, car il permet de mettre en route après un exercice réduit, la voie privilégiée aérobie du cycle de Krebs qui est la plus valable énergétiquement.LATTITUDE PSYCHOLOGIQUE
Elle est importante, car elle permet de retrouver en permanence ses propres repères. Elle correspond à lexpression de son phénotype au niveau du cortex cérébral. Lentraînement permet une certaine maîtrise à condition que ses repères soient toujours les mêmes et quils peuvent sexprimer en toute circonstance quel que soit lambiance, le milieu, le terrain sur lequel on joue. Se trouver déstabiliser sur un terrain va retentir sur léquilibre du tonus musculaire, sur loreille interne modifiant la conduction au niveau musculaire. Cest ainsi que lon peut voir des joueurs trop tendus qui narrivent plus à relâcher les fléchisseurs et les extenseurs dune même articulation. Ces muscles sont alors contractés en même temps créant un épuisement prématuré. Le joueur sorti du contexte du match retrouvera un jeu tout à fait différent quelques jours après.MAITRISE CEREBRALE
A tout moment le cortex cérébral doit avoir une maîtrise cognitive de tout son système émotionnel. Tout le système émotionnel est lié aux différentes fonctions des organes qui retentissent sur le système nerveux. Chaque fonction dorgane est en rapport avec des muscles et des articulations qui lui correspondent. Cest pourquoi, latteinte dun muscle ou dune articulation est un "joker" fabuleux à connaître qui va permettre en Nutrition Endocellulaire de nourrir les organes qui sont en rapport avec une fonction musculaire ou une articulation précise. Tout le squelette, tous les muscles sont en rapport avec des fonctions dorganes. Les nourrir dune façon spécifique permet de retrouver une auto régulation fonctionnelle dun groupe musculaire ou dune articulation. Si bien que chaque manifestation physique : crampes, lâchage musculaire, douleurs articulaires sont des signes à prendre en considération pour en rechercher la cause profonde. Celle-ci est toujours liée à un disfonctionnement métabolique en rapport avec les différents organes de lorganisme. En les nourrissant, on renforce sa résistance, on acquiert des réflexes qui permettent déviter que les mêmes symptômes se manifestent une autre fois. Des études faites sur léquilibre postural on pu en outre montrer la relation qui existe entre la position des pieds et léquilibre au niveau de la tête et en particulier de lATM. La nutrition endocellulaire savère intéressante pour nourrir des fonctions et permettre une meilleure action sur le terrain. Lamélioration des fonctions permet à lathlète une meilleure maîtrise de son corps et donc de se dépasser encore plus dans leffort pour la beauté du sport où il n y a que des gagnants : des hommes et des femmes qui se reconnaissent et se mesurent pour saider à acquérir une meilleure maîtrise de leur corps.